VII
DE LA JALOUSIE

Y a-t-il, comme le veut La Bruyère, deux jalousies, l’une soupçon injuste, bizarre, sans fondement, l’autre sentiment juste, fondé en raison et en expérience ?

Il n’y a qu’une jalousie.

On se représente la personne que l’on aime étendue, frémissante sous les caresses d’un autre ! on voit ses yeux si beaux se clore à moitié, le regard se voiler, les bras se nouer autour d’un torse viril, le ventre doux se creuser…

— Imagination !

— En souffre-t-on moins ?


Existe-t-il pour celui qui est aimé une quiétude parfaite ? Et, s’il est rassuré sur le présent, le passé n’est-il pas là tout proche, et l’avenir ?


Il est des hommes que les femmes ne trompent pas. Ils peuvent pourtant connaître la jalousie. La femme qu’ils aiment a été à d’autres avant d’être à eux. Terrible pensée pour un amant !…