Savinski se tourna alors vers la jeune fille. Il la vit si pâle qu’il eut peur qu’elle s’évanouît. Elle fit un pas et chancela. Il passa un bras autour de la taille de Lydia et la pressa contre lui. Il sentit le poids de son corps contre le sien. Elle avait presque perdu connaissance.
— Lydia Serguêvna, dit-il, revenez à vous !… Je vous en prie… Faites un effort !… Pauvre enfant, comme je vous plains ! Que je suis désolé, Lydia Serguêvna !… Je vous le disais bien, nous ne pouvons rester ici…
Déjà la jeune fille se redressait.
— Je vous demande pardon, dit-elle. Quelle faiblesse !… Allons ! Mais donnez-moi votre bras.
Ils rebroussèrent chemin. Un izvostchik était là. Savinski fit asseoir Lydia et garda un bras autour d’elle.
Lydia interrogea le vieux cocher.
— Que s’est-il passé ? demanda-t-elle.
Le vieux haussa les épaules et cligna des yeux.
— C’est un voleur qu’on a pris. Il volait de la farine dans un magasin. Alors le peuple l’a noyé…
Il se tut un instant et ajouta :