[Révérence. Alice sort, laissant Morbraz interloqué.]
SCÈNE IV
JEANNE, CORLAIX, MORBRAZ.
JEANNE [qui s'est levée]. Commandant, je vous laisse avec mon mari, vous devez avoir des choses sérieuses à vous dire.
MORBRAZ. Mais restez, donc Madame, je vous en prie. C'est tout ce qu'il y a de plus sérieux, mais on n'as pas prononcé le huis clos.
JEANNE. N'importe, Commandant, je vous gênerais beaucoup.
MORBRAZ. C'est-à-dire que c'est tout le contraire! Supposez que votre mari ait quelque chose à écrire, une note, enfin, n'importe quelle blague, eh bien! c'est pas avec sa patte cassée …
CORLAIX [qui ne cesse pas d'examiner sa femme du coin de l'oeil, soulève son bras droit]. C'est l'autre!… mais je ne veux pas vous ennuyer, ma petite Jeanne: le métier de greffier n'est pas grand'chose de reluisant … Vous restez tout de même? C'est gentil, merci beaucoup de fois, vous êtes trop charmante … et sur ce, Monsieur le Commissaire du Gouvernement, je vous écoute.
[Jeanne et Morbraz sont assis. Corlaix, allongé dans son fauteuil, Jeanne attentive d'abord par politesse se laisse aller peu à peu à sa distraction. Elle est bientôt tout à fait ailleurs, revient vaguement à elle chaque fois que Morbraz lui adresse la parole et tombe du ciel, en entendant à l'improviste les mots: condamné, sauter, que prononce Morbraz.]
MORBRAZ. Voilà un inculpé comme je les aime. Hé là! Corlaix, paré que tu es?