CORLAIX. Je me défends et je le coule bas.
MORBRAZ. Le chiendent, c'est que, lui aussi, t'a coulé bas … en te flanquant sa torpille en pleine figure! Tu t'étais donc laissé approcher à portée de torpille, toi?
CORLAIX. Hélas!… puisqu'il m'a flanqué, comme vous dites …
MORBRAZ. Et je répète: En pleine figure, v'lan! Sais-tu ce que ça prouve?… Ça prouve que tu es la dernière des moules, mon pauvre vieux? Et sais-tu ce que ça vaut? Ça vaut d'être cassé de ton grade, fichu à pied, flanqué hors la marine et peut-être foutu à l'ombre pour dix ans, le temps de réfléchir, quoi! Pas d'erreur, c'est comme ça que ça se joue!
CORLAIX. Ainsi, Commandant, votre sale nouvelle!… c'est ça?
MORBRAZ. Ça? jamais de la vie! Elle est bien plus sale que ça! espère, tu vas voir. Mais procédons par ordre: tu es foutu, à moins …
CORLAIX. A moins que?
MORBRAZ. A moins que tu n'aies eu tes raisons. Et qu'elles soient bonnes.
CORLAIX. J'en ai une.
MORBRAZ. Sors-la voir.