BRAMBOURG. Consoler.
JEANNE [changeant de ton]. Monsieur Brambourg, je vais vous faire un aveu: je suis très sotte.
BRAMBOURG [se récriant]. Oh!
JEANNE. Si, si. Je me connais bien, allez. Et la preuve, c'est que je ne vous comprends pas. Vous croyez avoir affaire à une Parisienne. J'ai été élevée à la campagne, puis j'ai vécu en province. Toutes les finesses m'échappent. Avec moi, il faut parler franchement, brutalement, sans réticences.
BRAMBOURG. Encouragé comme je le suis …
JEANNE. Il est possible que je sois injuste. Il y a peut-être un malentendu entre nous. Dissipons-le une bonne fois, voulez-vous?
BRAMBOURG. Vous me traitez en ennemi.
JEANNE. J'ai tort. Asseyons-nous. [Elle s'assied devant le bureau.] Causons gentiment, comme des camarades. [Regard de Brambourg vers le rideau.] Oh! ils ne s'occupent pas de nous. [Riant.] Nous sommes bien seuls. Profitons-en.
BRAMBOURG [s'asseyant de l'autre côté du bureau.] Je ne demande pas mieux.
JEANNE. Et puis, plus d'images comme tout à l'heure. Vite la prose.