CORLAIX. Ah! bah! il crut bien faire?
BRAMBOURG. Il faut croire puisque … mais la suite prouva qu'il avait mal fait! Je ne sais pas si je vous ai dit que mon oncle était un homme bon … indulgent … indulgent à l'excès.
CORLAIX. Je l'avais deviné.
BRAMBOURG. Sa femme n'était pas une mauvaise femme, mais c'était une femme jeune et jolie … Vous voyez cela d'ici, une jeune et jolie femme au bras d'un mari trop bon … trop indulgent … et pour comble trop vieux … Je veux dire trop vieux pour elle.
CORLAIX. Tout est relatif en ce bas monde.
BRAMBOURG. Donc, ma jeune et jolie tante n'avait pas épousé mon brave homme d'oncle depuis cinq minutes que tout chacun lui faisait la cour.
CORLAIX. Il y a tant de goujats …
BRAMBOURG. D'accord. Et c'est au mari de veiller. Et mon oncle n'y veilla point … n'y veilla jamais. Il y a des aveugles de naissance et des aveugles par accident. Mon brave homme d'oncle était aveugle par vocation.
CORLAIX. Monsieur votre oncle m'intéresse mystérieusement. Sa jeune et jolie femme, Madame votre tante … que fit-elle, en fin de compte de sa vieille bête de mari?
BRAMBOURG. Elle le respecta trois ou quatre semaines … elle lui fut fidèle trois ou quatre mois … et puis …