—Lotus,—dis-je.
Elle ne s'interrompit pas de fumer pour répondre. Et le bambou vidé, le fourneau redevenu lisse, elle attendit d'avoir savouré le vertige enivré de sa cervelle en tumulte pour murmurer:
—Lotus, oui.
J'appuyai encore ma joue sur son épaule, pour fumer. Cette fois, de sa main gauche, elle caressa lentement mes cheveux, d'un geste très simple.
Plus tard, elle parla d'une voix chantante, les yeux fermés:
—Je suis bien, bien! Il me semble que me revoilà toute petite, toute blanche... Mon corps ne pèse plus ... comme c'est délicieux!
Elle se tut très longtemps. Son tour vint d'aspirer la fumée magicienne. Et elle reprit ensuite:
—Je suis bien!... il me semble que je n'ai jamais eu de mari, ni d'ami...
Arif me tendit la pipe. Une fois encore, ma tête posa sur l'épaule nue. La main frôla ma joue, mon cou, et, par l'ouverture de la robe chinoise, joua sur ma poitrine.
La pipe fumée, je restai sur place. Nous étions presque enlacés comme des amants.