S'il répondit, comme il est bien probable, à mademoiselle Ninon dès le lendemain, 25 décembre, sa lettre fut à Paris, le 29, un lundi.

Mais il est clair qu'alors, et depuis déjà bien des jours mademoiselle Ninon, découragée, blessée, humiliée peut-être, n'allait plus à la poste restante.

M. C. Farrère, au nom d'Henri Précy, sollicite respectueusement le pardon de mademoiselle Ninon.

[1] Nous sommes contraints de constater ici, à notre vif regret, l'indélicatesse assez désinvolte de M. H. Précy, lequel n'hésita évidemment pas, dans sa lettre de juin 1902, à s'attribuer la paternité d'un conte de M. C. Farrère, les deux âmes de Rodolphe Hafner,—paru en effet, vers cette époque, dans le Mercure de France, et signé—lapsus calami? peut-être?—Claude Ferrare au lieu de Farrère (Note des Éditeurs).


[LA CAPITANE]

pour mon maître Pierre Louÿs.

Rapport du sieur Jacques-Constant d'Erlot, capitaine de vaisseau du cinquième rang, commandant le vaisseau de Sa Majesté nommé la Cérès,—à monsieur le marquis Desherbiers de l'Estanduère, Chef d'Escadre, en rade de Quiberon.

Monsieur le marquis,

Conformément à vos ordres, j'ai l'honneur de vous adresser le présent rapport, à dessein de vous rendre compte de la mission que vous avez daigné me confier, et que j'ai heureusement remplie pour le service du Roi, à compter du mardi 12e avril, jour que je reçus de vous, par signal, liberté de manœuvre pour suivre ma destination secrète, jusqu'à ce vendredi 6e mai, jour que me voici revenu sous votre pavillon, ma besogne faite, avec l'aide de Dieu.