Un éclat de rire inattendu résonna, grêle comme le tintement d'un verre fêlé.

—... Il est certainement meilleur d'oublier ... d'oublier tout. J'oublierai... Ho!...

Le koto, frappé du pied, par mégarde, avait résonné comme un gong.

La marquise Yorisaka ne retira pas son pied tout de suite. Ses yeux égarés continuaient de regarder on ne savait où, dans le vide. Et elle demeurait immobile comme une statue agenouillée. A la fin, d'un geste de migraine, elle appuya ses deux pouces sur ses tempes. Puis elle se reprit à rire, plus doucement.

—Hé!—dit-elle,—il me semble que je vous ai ennuyé par beaucoup de bavardages très sots...

Jean-François Felze s'était remis à peindre. Il ne répondit point.

—Oui,—dit encore la marquise Yorisaka,—j'ai parlé sans écouter mes paroles. Je vous prie de me pardonner. Les femmes sont souvent tout à fait déraisonnables.

Elle effleurait de l'ongle le koto.

—C'est cette vieille, vieille musique qui a troublé ma tête... Il ne faudra rien répéter à personne, n'est-ce pas, jamais? Parce que c'est une chose honteuse de dire des folies...

Felze peignait toujours en silence.