—Si!... mais un peu seulement... Mrs. Hockley n'a pas permis davantage. Et puis, Madame, une Européenne comme vous ne va pas faire ici la Japonaise, et réclamer de l'eau ou du thé!...
Elle rit encore, et but. Le prince, sournoisement, avait ajouté du whisky au champagne.
Mrs. Hockley s'approchait:
—Mitsouko, petite chérie, je suis si heureuse que vous soyez ici! N'a-t-elle pas bien fait,—Mrs. Hockley en prenait à témoin le prince Alghero—n'a-t-elle pas bien fait de mettre dehors les absurdes vieilles règles de cette contrée, et devenir au garden-party, comme si le marquis eût été là pour l'amener?
Le prince approuvait. Il questionna toutefois:
—Le marquis Yorisaka est à la guerre?
—Oui. A Sasebo. Il reviendra bientôt glorieux, et je dis qu'alors il sera content d'apprendre qu'en son absence, sa femme a mené la libre et joyeuse vie d'une femme d'Amérique ou d'Europe. Oui, il sera content, parce qu'il est un homme très civilisé. Et je désire boire immédiatement à ses succès contre les barbares Russes!
On passait des cocktails au gingembre. La marquise Yorisaka dut en prendre un de la main de Mrs. Hockley.
Le prince Alghero avait repris contre son bras la petite main dégantée.
—Assurément,—dit-il,—un officier qui a le bonheur de se battre ne souffrirait pas que sa femme fût triste pendant que lui-même gagne des batailles...