XVIII

Les derniers rayons du soleil, effleurant les montagnes de l'ouest au-dessus du vieux village d'Inasa, vinrent, par le sabord grand ouvert, frapper Jean-François Felze au visage. Jean-François Felze se leva de son fauteuil, referma son carton à croquis et, prudemment, déverrouilla sa porte. Depuis un bon quart d'heure, les flonflons de l'orchestre à danser s'étaient tus.

—Cette aimable bacchanale est peut-être terminée,—espéra Felze.

Et il se risqua hors de sa chambre.

Le gros des invités était parti. Quelques privilégiés seuls, retenus à dîner par Mrs. Hockley, restaient encore, et devisaient sous les cerisiers du jardin, non loin de la pelouse gazonnée qui avait servi d'estrade aux géishas et aux maïkos. Felze, s'approchant, aperçut tout d'abord, à l'écart du principal groupe, et flirtant d'assez près, un couple dont la vue lui fit écarquiller les yeux.

Tout justement, Mrs. Hockley, ayant distribué quelques ordres aux valets, revenait vers ses hôtes. Felze l'arrêta au passage:

—Pardon!—dit-il,—j'ai la berlue, je crois... Ce n'est pas la marquise Yorisaka que je vois là accoudée à cette rambarde?

Mrs. Hockley leva son face-à-main:

—Vous n'avez nullement la berlue. C'est la marquise.