Felze feignit une stupéfaction excessive.
—Comment?—dit-il,—le marquis est donc revenu de Sasebo?
—Non que je sache.
—Bah? Ce n'est pas lui, là, qui baise la main de sa femme?
—Vous êtes comique! Ne voyez-vous pas que c'est le prince Alghero, que vous-même m'avez présenté?
Felze recula d'un pas et se croisa les bras:
—Ainsi,—dit-il,—non contente d'avoir traîné cette pauvre petite à votre fête, non contente de l'avoir ainsi compromise gravement, dangereusement peut-être, non contente de lui avoir sans nul doute exhibé dix mille choses indécentes ou révoltantes à ses yeux, vous avez mis le comble à tout cela, en jetant bon gré mal gré la marquise Yorisaka aux bras de cet Italien, pour qu'il en use comme il ferait d'une coquette de Rome ou de Florence, voire de New-York?
Mrs Hockley, ayant écouté attentivement, parti d'un éclat de rire:
—Combien extravagant! Je pense qu'il est réellement mauvais pour vous de rester trop longtemps enfermé dans votre chambre, car vous dites ensuite de pures folies. Aucune chose indécente ou révoltante n'a été ici exhibée, je vous prie de le croire. Et la marquise elle-même a nié qu'il fût incorrect à elle de venir au garden-party. Elle est d'ailleurs venue librement, et librement elle a flirté. Je trouve votre indignation tout à fait ridicule, parce que la marquise est une dame civilisée, et que n'importe quelle dame civilisée flirterait comme flirte la marquise. Cela est on ne peut plus innocent...
—Vous avez raison,—interrompit Felze.