—Vos scrupules sont ce qu'il y a de plus absurde. Toutefois, il est véritable que vous m'avez procuré mon introduction chez la marquise. Aussi voudrais-je faire ce que vous désirez, afin de vous prouver ma reconnaissance. Mais j'ai tout à l'heure retenu le prince et la marquise, ainsi que les autres personnes que vous voyez encore là-bas, afin que tous ensemble dînent à bord du yacht pour mieux achever la soirée. J'ai même positivement promis au prince de le placer à table auprès de la marquise. Je dois donc tenir ma parole. Mais pour que vous soyez consolé, je vous placerai, comme le prince, auprès de la marquise, de l'autre côté.

—Merci; non,—dit Felze.

Il s'était redressé, brusque:

—Non. Je vous connais assez pour ne pas insister davantage. Mais, s'il en est ainsi, moi, je dînerai en ville.

—Oh!—dit-elle, très ironique,—je crois deviner: vous êtes jaloux. C'est une habitude que vous avez, je ne m'étonne donc pas. Mais, je vous demande: êtes-vous jaloux de la marquise à propos du prince? ou de moi à propos de la marquise? puisque vous avez déjà cette bizarrerie bien française de me quereller souvent à cause de mon intime amitié pour miss Vane!...

Felze avait pâli:

—Vous trouverez bon,—dit-il lentement,—que je ne réponde pas à une question injurieuse. A présent, adieu.

Elle le considéra, inquiète:

—Adieu? Oh! voulez-vous réellement dîner en ville?

—Je vous l'ai dit.