Il s'en allait. Le marquis Yorisaka Sadao le retint:

—Hirata, êtes-vous très pressé? Il n'est pas encore midi. Vous plairait-il que nous causions un peu?

Le vicomte Hirata ouvrit un éventail qu'il portait dans sa manche:

—Yorisaka, vous me faites beaucoup d'honneur. En vérité, je n'osais abuser de vos nobles minutes, et tel était le motif de ma discrétion. Mais je suis flatté de votre condescendance. Dites-moi donc: que vous semble de cette pluie fine, pareille à un brouillard fondu? Ne pensez-vous pas que, tout à l'heure, nous pourrons en être gênés sur le champ de bataille?

Le marquis Yorisaka regarda distraitement la mer houleuse et brumeuse:

—Peut-être,—murmura-t-il.

Puis, soudain, face à son interlocuteur:

—Hirata, excusez mon impolitesse: je désirerais vous poser une question.

—Daignez le faire,—dit Hirata.

Il avait refermé son éventail, et penchait la tête en avant, comme pour mieux entendre. Le marquis Yorisaka parla très lentement, d'une voix grave et nette: