Des sous-officiers entrèrent, auxquels le vicomte donna ses ordres. Et quand tous se furent retirés, Hirata Takamori prit le pinceau, et traça sur deux pages de son bloc-notes plusieurs centaines de caractères bien calligraphiés.
—Excusez-moi,—dit-il encore,—mais tout cela avait son importance.
Il arracha les deux feuilles du bloc-notes et les tendit à l'enseigne.
—Ceci, d'ailleurs, est pour vous ... si vous daignez me faire la grâce d'être l'exécuteur de mes dernières volontés.
Surpris, l'enseigne regarda son chef.
—Oui,—dit Hirata Takamori.—Je vais, Narimasa, me tuer tout à l'heure. Et je vous serai très obligé, à vous qui êtes d'une très noble famille de bons samouraïs, de bien vouloir m'assister dans mon karakiri.
Le jeune officier ne s'étonna plus, et n'eut garde de poser aucune question discourtoise.
—C'est un honneur illustre que vous faites à moi et à tous mes ancêtres,—dit-il simplement.—Je suis très heureux d'être à même de vous servir.
—Voici mon sabre.—dit Hirata.
Il avait dégainé d'un fourreau de laque une splendide lame ancienne, dont la garde était de fer forgé en forme de feuilles de chêne. Il enveloppa cette lame d'un papier de soie, et la tendit à l'enseigne Narimasa.