Le vicomte Hirata s'était agenouillé de nouveau près de son hôte. Il tenait maintenant dans sa main droite un poignard enveloppé de papier de soie, comme le sabre. Il sourit:
—Ce m'est une grande joie de pouvoir aujourd'hui mourir à mon gré,—dit-il.—Notre victoire est si complète que l'empire peut aisément se passer d'un de ses sujets, et surtout du moins utile.
—Je vous félicite,—dit l'enseigne.—Mais je ne puis approuver votre modestie. Je pense au contraire que rien ne saurait atténuer la perte que va faire l'Empire, si l'exemple irréprochable, que vous nous léguez à tous, ne la réparait presque absolument.
—Je vous suis obligé,—dit Hirata.
Il se détourna et, très lentement, mit la lame du poignard à nu.
—L'exemple du marquis Yorisaka est plus grand que le mien,—dit-il.
Il effleurait du doigt le tranchant du poignard. Sans bruit, l'enseigne se leva du carreau de velours, et, debout derrière le vicomte, étreignit à deux mains la poignée du sabre, nu maintenant comme le poignard.
—Beaucoup plus grand,—répéta le vicomte Hirata.
Il fit un mouvement à peine perceptible. Narimasa, qui se pencha, ne vit plus la lame du poignard. Le ventre était ouvert le plus régulièrement du monde. Un peu de sang coulait déjà.
—Beaucoup plus grand, en vérité,—répéta encore le vicomte Hirata Takamori.