Elle avait mis pied à terre. Il s'approcha d'elle, et, négligeant tout préambule:

—Je viens de voir, moi, la marquise. Et je vous avertis tout de suite: le marquis a été tué hier, à Tsou-shima.

—Oh!—exclama Mrs. Hockley.

Elle avait crié si fort que tout le pique-nique fut dans l'instant à bas des kouroumas, et, mis au courant, s'apitoya dans diverses langues:

—Pauvre, pauvre, pauvre petite chérie!... Mitsouko darling!... what a pity!... O poverina!...

—Je pense qu'il faut aller sur-le-champ la consoler,—dit Mrs. Hockley.—Je vais donc, et j'emmène d'abord le prince Alghero, qui est particulièrement intime avec la marquise. Je reviendrai ensuite chercher tout le monde.

Elle marcha résolument jusqu'à la porte. Elle frappa. Mais, pour la première fois, la nê-san portière n'ouvrit point et ne tomba point à quatre pattes devant la visiteuse. Derechef, Mrs. Hockley frappa, frappa plus fort, ébranla des deux poings le battant clos. Et le battant clos ne céda point.

Dépitée, Mrs. Hockley recula jusqu'aux kouroumas, et prit à témoin l'assistance.

—Il est incroyable que dans cette maison personne n'entende ni ne réponde. Assurément, la marquise n'est point informée. Car il lui serait doux et réconfortant d'avoir en ce moment ses amis autour d'elle. Je songe aux moyens de lui faire parvenir un message...

—Inutile,—dit Felze soudain.—Voyez!