—Vous m'élevez trop haut!
Mais Felze se récria, comme il devait:
—Non, assurément! Comment une telle chose serait-elle possible? Et quant à la vieillesse, j'ai partout entendu dire que votre âge glorieux dépasse soixante-treize années, tandis que moi, votre tout petit frère, je n'ai guère vécu, très vainement, que cinquante-deux ans.
Tcheou Pé-i frappa les ornements de sa ceinture:
—Voici—dit-il—une tablette de jade qui est neuve. Et jadis, j'avais une tablette d'albâtre, qui était vieille. Or, le philosophe de la principauté de Lou[1], parlant un jour à Tzèu Kong, expliqua pourquoi le jade est estimé du sage, tandis que l'albâtre ne l'est point. N'est-il donc pas certain que cette tablette neuve est précieuse, et que la vieille tablette était vile? Je vous compare justement à la tablette de jade, et je me compare moi-même à la tablette d'albâtre.
—Je ne suis pas digne!—affirma Felze.
Mais après qu'il eut refusé à trois reprises, il prit le côté ouest et monta les degrés, «honorablement».
La première salle, vide et nue, selon le goût nippon, fut traversée dans sa longueur. Au bout, un rideau opaque masquait la deuxième salle.
Tcheou Pé-i prit le bord du rideau dans sa main droite, et le souleva:
—Marchez très lentement[2],—dit-il.