Felze avait ramassé une corolle tombée à terre, et étirait les pétales entre ses doigts.
—Point de parfum,—dit-il.
Il se souvint tout à coup du coteau des Cigognes:
—En cette saison, tous les cerisiers de Nagasaki sont en fleurs. Vous ne préféreriez pas de belles branches roses et vivantes à ces orchidées qui ont l'air d'être artificielles?
Mrs. Hockley ne daigna pas discuter:
—Il est en vérité surprenant et choquant que vous ayez d'aussi populaires idées, étant le délicieux peintre que vous êtes.
Jean-François Felze ouvrit la bouche pour répliquer. Mais Mrs. Hockley élevait à cet instant vers les vases de bronze ses deux mains pleines de tiges assemblées.
Les jambes longues et fines, les cuisses larges, les hanches épanouies, le torse étroit, les épaules rondes d'où jaillissait la nuque robuste et mince, sous la masse lourde des cheveux d'or, entre les bras tendus et dressés,—tout ce corps de femme était une telle splendeur et une telle harmonie que Jean-François Felze ne répliqua pas.
Mrs. Hockley, cependant, avait disposé ses orchidées.
—Mais, cher,—dit-elle soudain,—je pense que vous ne nous avez pas parlé de cette marquise japonaise dont vous faites le portrait?... Comment l'appelez-vous? J'ai oublié déjà.