Il sourit avec mélancolie:
—Tout de même, quel dommage! Au temps que ceci n'existait pas, j'aurai peint la marquise Yorisaka Mitsouko en triple robe de crêpe chinois, blasonnée d'argent et ceinturée de pourpre...
[1] Dans ce nombre, d'ailleurs exagéré, la presse japonaise englobait sans distinction les bâtiments de guerre et les navires charbonniers.
IX
La palette au pouce, Jean-François Felze recula de deux pas. Sur le fond brun de la toile, le portrait s'enlevait vigoureux et délicat. Et, malgré le chignon trop long et trop bas, le visage, par ses yeux étirés et sa bouche moins large que haute, souriait d'un sourire d'Extrême-Asie, d'un sourire mystérieux et inquiétant.
—Oh! cher maître, que c'est bien! Comment pouvez-vous, si vite et comme en vous jouant, créer de si belles choses?
La marquise Yorisaka, enthousiaste, joignait ses petites mains d'ivoire. Felze, dédaigneux fit une moue.
—Si belles, oh!... Vous êtes indulgente, madame.
—N'êtes-vous pas satisfait?