—Non.

Il regardait tour à tour le modèle et l'effigie.

—Vous êtes beaucoup beaucoup plus jolie que je n'ai su vous peindre. Ceci ... mon Dieu!... ceci n'est pas absolument mauvais... Le marquis Yorisaka, quand il aura repris la mer et qu'il s'enfermera le soir dans sa cabine, en tête à tête avec ce portrait, reconnaîtra certainement, quoique enlaidis, les traits qu'il aime... Mais je rêvais une meilleure imitation de la réalité.

—Vous êtes très difficile!... En tout cas, vous n'avez pas encore fini: vous pouvez retoucher...

—De ma vie, je n'ai retouché une esquisse, sauf pour la gâter...

—Eh bien! croyez-moi, cher maître! Celle-ci est délicieuse!...

—Non!...

Il avait posé sa palette, et, le menton dans la main, il considérait avec une attention extrême, obstinée, acharnée si l'on peut dire, la jeune femme debout devant lui.

C'était la cinquième séance de pose. Une familiarité commençait de naître entre le peintre et le modèle. Non point qu'aux bavardages de simple politesse eussent succédé de vraies causeries, et moins encore des confidences. Mais la marquise Yorisaka s'accoutumait à traiter Jean-François Felze plutôt en ami qu'en étranger.

Felze, cependant, d'un geste vif, reprenait son pinceau.