Près de soulever ce marteau, mon hôte me fit face. Ses yeux durs luisaient d'un éclat qui m'inquiéta. Mais la voix, toujours calme et brève, et la phrase, toujours choisie, atténuèrent une fois de plus ma frayeur, et, une fois de plus, m'obligèrent de résister à mon instinct d'animal défiant, prêta la fuite...
—Monsieur,—me disait-on,—je vous serai maintenant obligé de vouloir bien faire peu de bruit; mon père, qui va nous ouvrir, est un vieillard dont le repos doit être respecté.
Le son métallique du heurtoir frappant son enclume se mêla bizarrement, dans mes oreilles, au son des paroles que je venais d'entendre. Il me sembla ouïr l'écho de ma stupeur, pareille à un choc, à un coup dont j'étais frappé, violemment.
Le père de cet homme qui était là, le père de cet homme, vieux de quatre-vingts ans, ou plus?...
De nouveau le heurtoir frappa l'enclume, cette fois d'un battement double, rapide comme les deux appels dont le pied d'un escrimeur bat le sol avant de se fendre. Puis, à ce double battement, succéda encore un coup simple, comme le premier coup.
Et la porte s'ouvrit.