—«Alors, les ordres d'aujourd'hui, amiral?»

M. d'Orvilliers les donna. Il fallait un landau pour trois heures. Fierce fit observer que le soleil serait chaud. Mais l'amiral affirma que le soleil ne l'empêcherait pas d'aller s'entretenir avec le gouverneur d'abord, puis se concerter avec le conseil de défense et les commandants de la marine et des troupes. Enfin, des dépêches étaient attendues nombreuses, et l'aide de camp les déchiffrerait lui-même avant de quitter le bord, si le cœur lui disait d'une promenade avant midi.

—«Bien,» dit Fierce.

Dans sa chambre, un premier télégramme l'attendait,—le bulletin météorologique de Shangaï. Il rit.

—«Voilà probablement les symptômes belliqueux qui nous inquiètent: côte de Formose, mer agitée; typhon sur Manille.—Fichtre! il va bien, mon brave d'Orvilliers: la guerre anglaise, rien de plus....»

Il regarda ses bibelots, ses reliures, sa Vénus de Syracuse dont le marbre ambré luisait dans un angle.

... «Un obus là-dedans, hein? Ça meublerait!»

Il n'y pensa plus et prit un livre.

... «Si les dépêches arrivent assez tôt, j'irai voir le petit lever de Mévil; elle doit être charmante au lit, la belle Hélène.... Et pourvu que le vieux me lâche ce soir en liberté, ne fût-ce qu'une heure.... Huit mois que je n'ai pas fait la promenade d'ici, l'Inspection....»

Les dépêches arrivèrent. Le dernier croiseur envoyé en Chine venait d'arriver à Djibouti. Mais le ministre le rappelait immédiatement en France.