—Ah!... Très bien.

—Non ... ce ne sont pas des hommes pareils aux hommes de maintenant ... les soldats non plus, d'ailleurs.... Ils courent le monde, ils voyagent ou vont se battre n'importe où, sans s'inquiéter du pays ni des ennemis ... et ils ne se soucient pas de l'argent, car ils gagneraient des fortunes, s'ils voulaient; mais ils ne veulent pas. Ils préfèrent rester soldats ou marins. Ce sont des hommes d'autrefois....»

Fierce songe.

—«Et voilà, conclut Mlle Sylva, pourquoi je suis contente d'être ici, après avoir eu grand'peur de n'y pas être.»

Fierce sort de sa rêverie.

—«Grand'peur? Sérieusement, nous avons risqué, mademoiselle, de ne pas vous avoir?

—Je ne serais pas venue si maman avait été souffrante....

—Je crois que madame votre mère est très âgée?

—Pas très âgée, mais affaiblie, surtout en ces temps de lourde chaleur. Je lui manque beaucoup quand je ne suis pas auprès d'elle: vous savez qu'elle est aveugle depuis trois ans?

—Je sais. La vie ne doit pas être toujours très gaie pour vous, mademoiselle?