—Que si! Quand vous connaîtrez maman,—vous la connaîtrez, elle est une vieille amie de M. d'Orvilliers,—vous verrez qu'il est impossible d'être triste en sa compagnie. Elle est tellement bonne et souriante, tellement parfaite....
—Vous l'aimez bien!
—Oh! oui. Je crois même qu'il est tout à fait impossible d'aimer quelqu'un plus que je n'aime maman.... D'ailleurs, avouez que c'est assez naturel.
Mais j'aurais beau ne pas être sa fille que je l'aimerais autant et que j'aurais le même bonheur à vivre avec elle....
—Je ne savais pas que l'amiral fût ami de madame Sylva.
—Ils se sont connus il y a longtemps, et puis perdus de vue, mais après avoir été absolument intimes. Tout ça se passait fort avant mon entrée dans ce bas-monde; moi, j'ai vu tout à l'heure M. d'Orvilliers pour la première fois.... Mais je l'aime d'avance: maman m'a tant parlé de lui. Je sais comme il est bon, et quel beau caractère c'est....»
Fierce donne un coup d'œil à l'amiral dont les yeux candides contrastent avec la mine haute et rude.
—«C'est, comme vous disiez tout à l'heure, un homme d'autrefois.
—Oui ... autrefois valait mieux qu'aujourd'hui.
—Peut-être, dit Fierce.—Ainsi, mademoiselle, vous vivez à Saïgon, presque en garde-malade, et vous êtes contente de votre vie. Vous ne vous ennuyez jamais?