—«Et celui-ci? dit-il.
—Celui-ci, dit Malais, c'est un malade. Les instincts naturels sont affaiblis en lui. Mais le jeu est un bon guérisseur: tout à l'heure, vous verrez ce malade se ranimer, s'exciter, et jeter son masque ordinaire de scepticisme.
—Ce n'est pas un masque
—Nous allons voir.»
La chance favorisait Fierce. Il gagnait un coup sur deux, et le tas de pièces et de billets amoncelés devant lui devenait impertinent.
—«Je crois, dit encore Malais à Torral, que vous avez particulièrement étudié les lois et les phénomènes du hasard. Comment expliquez-vous ce fait constaté des joueurs que la veine procède par séries, et non par intermittences?»
Le financier aimait à questionner les spécialistes. Mais Torral, brutal comme toujours, haussa les épaules:
—«Je vous l'expliquerais vainement, dit-il: vous ne comprendriez pas.
—Merci, dit Malais sans se fâcher, dites quand même.
—Soit. Écoutez donc: l'ensemble de toutes les parties jouées depuis le commencement du monde forme un tout, n'est-ce pas, un tout fini et déterminé? Eh bien, soit n le nombre de ces parties....