Quand la troisième des petites dames sans importance eût pris congé, Célia se retrouva seule: la marquise Dorée avait dû s'en aller aussi, car elle dînait en ville.
—Favouille!—appela Célia.
La petite bonne parut. Pour servir le thé, elle s'était affublée tout à l'heure d'un tablier blanc et d'un ruban rose. Mais maintenant «que le beau monde avait parti», Favouille s'était hâtée de redevenir souillon. Et ce fut les mains noires jusqu'aux coudes qu'elle vint à l'appel de sa maîtresse.
—Bon Dieu!—dit Célia.—Quand est-ce que tu te décideras à te salir un peu moins et à te laver un peu plus?
La gamine éclata d'un rire malicieux:
—Souhaitez pas des choses pareilles, madame Célia! Le jour que j'aurai appris à être aussi propre que vous, vous pensez bien que je m'établirai à mon compte!
Elle avait prudemment levé un coude. Le soufflet de Célia manqua là joue couleur de pomme d'api.
—C'est votre tub que vous voulez, cette fois-ci?—continuait Favouille, imperturbable.
Baignée, coiffée, habillée, Célia, prête à sortir, revint d'abord sur la terrasse, et flâna.