—Tu parles bien comme bien toujours tu as parlé,—dit Souléïman joyeux.—Puisqu'il en est ainsi, tends tes épaules, c'est elles que je charge de la tâche.

—J'écoute pour obéir.

Ainsi répondit Achmet.

—Tu as écouté, obéis!—et le Padishah se leva.

Appuyé sur le poing de son serviteur et ami, il descendit l'escalier, retournant à son caïque. Il posa dedans le pied droit; lors Achmet, oubliant la bienséance, osa parler avant qu'on l'interrogeât:

—Padishah, comment ferai-je? Moi chétif, moi seul, moi dépourvu de toute sagesse et de toute prudence ... que pourrai-je inventer, essayer, réussir, pour délivrer des griffes de son ennemi le frère du Padishah?

—Cherche,—dit Souléïman,—tu trouveras.

—Daigne l'intelligence du Padishah éclairer la stupidité de son serviteur!

Ainsi Achmet implora Souléïman.

Et Souléïman, accueillant sa prière: