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| AVANT-PROPOS | [v] | |
| JADIS: | ||
| 1. | L'extraordinaire aventure d'Achmet pacha Djemaleddine,chef tcherkess, pirate, amiral, vali,grand d'Espagne, marquis de France et amide plusieurs sublimes princes | [27] |
| NAGUÈRES: | ||
| 2. | Sept lettres de princesse | [133] |
| DE TOUT TEMPS: | ||
| 3. | Conscience turque | [219] |
| 4. | Histoire de chat | [231] |
| 5. | Histoire de chiens | [239] |
| 6. | Tripolitaine | [253] |
| 7. | Celui qui est mort | [265] |
AVANT-PROPOS
LES TURCS
Si j'essayais de dissiper l'équivoque? Si j'essayais de faire comprendre à mes compatriotes pourquoi j'aime les Turcs et pourquoi je n'aime pas leurs ennemis? Si j'essayais d'expliquer à toute la France pourquoi des hommes tels que Pierre Loti, tels que Pierre Mille, tels qu'Édouard Herriot, tels que Paul de Cassagnac, tels que MM. Ribot, de Monzie, Rouillon, que sais-je? tels que moi-même!—gens, ce me semble, légèrement différents les uns des autres, on m'accordera cela!—s'entendent néanmoins pour crier tous ensemble, et sur tous les tons: «La défaite turque actuelle serait une défaite française; la victoire grecque serait un recul pour la civilisation...»
Oui ... si j'essayais?
Pourquoi non? Le public français est assurément d'une ignorance en géographie qui rend la tâche assez rude. Mais, cette ignorance, n'est-ce pas un devoir impérieux de lutter contre elle,—surtout lorsqu'elle risque,—et c'est le cas,—d'entraîner l'opinion nationale à des manifestations qui vont droit à l'encontre des intérêts français les plus évidents?
Essayons donc!
Il y a huit ans,—c'était exactement le 3 octobre 1913, soit quinze ou seize jours avant qu'éclatât cette guerre des Balkans, qui fut si funeste à l'empire turc, et, par ricochet, à toute l'Europe, car la Grande Guerre en est sortie!—j'écrivais, pour l'une des très rares feuilles parisiennes où l'on est tout à fait libre d'écrire ce qu'on pense[1], un article où je prédisais quelques-unes des choses qui se sont réalisées depuis, et quelques-unes de celles qui se réaliseront à brève échéance. Et je terminais le dit article par une conclusion dans le goût de celle-ci:
«Dans la lutte injuste qui se prépare, mes sympathies vont au faible contre le fort, à l'assailli contre l'assaillant, au musulman contre le chrétien.»