Et voilà peut-être la plus exacte vérité qu'il faille dire, à propos de la femme turque; la vérité absolue, équitable, celle qui domine d'égale hauteur tous les mensonges: la vérité «juste milieu», exempte de toutes les erreurs, en trop comme en trop peu:

—La femme turque n'est pas, ne peut pas être, dans l'entière acception du mot, la femme de son mari. Elle n'en est que la femme-enfant.

Et, de cela,—de cela seul!—elle souffre un peu;—confusément;—davantage, toutefois, depuis qu'une ombre d'affranchissement lui a permis de regarder vers ses sœurs d'Europe, et de mesurer la place qu'elles occupent au foyer conjugal.

Ma Léïlah, peut-être, conquerra une place pareille. C'est tout ce que lui souhaite sa maman, qui vous embrasse, ma sœur très aimée, de tout son cœur enflammé pour vous, en vous disant au revoir!

Séniha.

[1] 18 février 1911.

[2] Cela s'écrivait en 1911. Hélas! la princesse Séniha voyait terriblement clair. Par sa révolution, plus stupide encore que sanglante, par ses Soviets, et par sa servilité envers les Trotsky et les Lénine, la Russie s'est prouvée, dès 1918, bien moins européenne que les Turcs, dont le nationalisme vigoureux, rejetant avant tout l'ingérence étrangère, s'incarnait, la même année, dans de vrais patriotes, tels que l'admirable Kemal Gazi.

[3] Il faut que le public français se pénètre de cette idée, que la lutte des comitadjis bulgares et grecs, contre le gendarme turc, fut une lutte frénétique de contrebandiers iconolâtres,—idolâtres—contre le douanier musulman, adorateur d'un seul Dieu: Allah... Et il faut que les chrétiens latins de France se souviennent que ces orthodoxes iconolâtres étaient les mêmes que ceux qui martyrisaient à Jérusalem, au nom des Icônes, les pèlerins catholiques, les pèlerins latins, adorateurs, eux aussi, d'un seul Dieu...

[4] A la Sublime Porte.