P.-S.—Oh! je suis égoïste, égoïste, égoïste... Toute à nos malheurs turcs, je ne vous ai pas dit un mot tendre à propos de vos malheurs français... Qu'ils sont amers pourtant, et que mon cœur saigne en songeant à cette France, tant aimée des cœurs ottomans!... Adieu. Qu'Allah ait pitié de vous aussi...[7]
Séniha.
[1] 10 août 1911.
[2] Djami, en turc, signifie mosquée importante,—église;—les simples chapelles sont appelées mesjid;—Sélimieh djami, ou Achmédieh, ou Souléimanieh:—mosquée de Sultan Sélim, ou de Sultan Ahmed, ou de Sultan Souléïman (du nom du fondateur); cette dernière, construite vers 1520 par Souléïman le Magnifique, est surnommée par les Turcs «la perle et le diamant de Stamboul»;—mosquée de la Valideh: mosquée construite par la Sultane Valideh, mère d'Abd-ul-Hamid Ier, au xviiie siècle;—mosquée des Tulipes (Lalileh djami), surnom populaire d'une des mosquées du sud de Stamboul.
[3] A l'intérieur de la mosquée do Souléïman sont quatre colonnes géantes, d'un très beau granit, qui proviennent d'une ancienne église grecque, et, antérieurement, de l'antique et célèbre temple d'Ephèse, dédié à Astarté.
[4] Rouméli-hissar, sur le Bosphore, côte d'Europe.
[5] A cette époque, il n'y eut pourtant pas de quête européenne pour les affamés de Constantinople. Ce n'était que des Turcs, n'est-ce pas! et qui n'étaient pas même bolchevicks...
[6] Quinze mois plus tard, en effet, le Monténégro attaqua la Turquie. Il est vrai qu'il s'était assuré quelques alliances...
[7] Août 1911! C'était alors l'époque infiniment douloureuse où, sur la menace prussienne, la France, abandonnant son droit, cédait à l'Allemagne la moitié du Congo français, jadis découvert, exploré et conquis par notre Brazza. De Stamboul incendié, la princesse Séniha tressaillait à la pensée de notre humiliation. Car jamais, jusqu'alors, un malheur français n'avait trouvé les cœurs turcs indifférents.