Quant à l'enfant, respectueux devant ses père et grand'père, il se tut.

Les carabiniers les emmenèrent.

Hors du prétoire, un feu de peloton crépita.

Lors Antonio Onaglia, greffier, annonça:

—Justice est faite!

Et Carlo Torelli, président, ordonna:

—Appelez la cause suivante.

Or, comme il prononçait le dernier mot, il rougit légèrement et détourna la tête, pour ne pas voir les deux journalistes, le Français et l'Anglais, qui, tous deux, s'étaient levés l'instant d'avant pour saluer chapeau bas les trois martyrs marchant à la mort, mais qui, maintenant tête couverte, tournant le dos à la cour martiale, sortaient du prétoire, et, passant le seuil, y crachaient[5].

[1] Le séraskier,—le ministre de la guerre de l'empire ottoman.

[2] Complice en effet, puisque personne en Europe ne protesta contre l'agression italienne, et que seule l'Allemagne, par une adroite habileté, sut exprimer alors sa sympathie aux Turcs. Qu'on s'étonne après cela qu'en 1914 la Turquie s'en soit souvenue!...