Quand le chirket accosta derechef le pont de Kara keuy, nous descendîmes ensemble. Le salon des hanoums se vidait aussi, et les dames turques, quittant le bateau, s'en allaient, chacune de leur côté, toutes impénétrablement voilées du sombre tcharchaf. En vérité, non! elle n'avait rien changé à rien, la révolution!
Arif et moi demeurions cependant sur le trottoir du pont, la main dans la main. Une hanoum, à mes yeux pareille aux autres, passa devant nous, plus lentement peut-être que les autres; son voile s'agita, très peu.
—C'est elle,—me souffla Arif bey.—A présent c'est comme cela que je la vois. Jamais mieux!...
Il serra fortement ma main:
—Et maintenant, adieu! La comédie est finie.
Je retenais sa main dans la mienne:
—Pas adieu, Arif!... Au revoir!
Il haussa les épaules:
—Non, très cher! pas au revoir: adieu! Après cette chose-là, que voulez-vous qu'il me reste à faire, sauf mourir?
Il mourut.