Elle parle français sans le moindre accent. Je me lève:
—Madame, permettez-vous à quelqu'un qui n'est jamais pressé de vous céder son tour? J'achète des tapis, je ne m'y connais pas du tout, et mon choix sera bien lent....
Petite révérence à la française:
—Je permets très volontiers. Qui remercierai-je, monsieur?
—Le colonel de Sévigné.
—Je m'en doutais un peu. Je suis madame Érizian, et quelqu'un m'a parlé de vous, pas en mal: lady Falkland....
Madame Érizian? J'ai entendu ce nom déjà. Une Arménienne, veuve, sans enfants, qui vit assez retirée, quoique allant parfois dans le monde diplomatique.
Cependant M. Carazoff apporte, dans une coupe, une poignée de turquoises persanes,—petites, mais bien bleues.
—Non, monsieur Carazoff. Aujourd'hui, j'ai envie de perles. Avez-vous une jolie perle très ronde, blanche ou légèrement rosée?
Elle se tourne vers moi: