Les Rats ont fait des choses aussi surprenantes en Italie ; on leur a quelquefois abandonné des [79]Campagnes, & même des Villes. Par exemple celle de Cosa, [80]à present Orbitello, dont les Histoires nous disent seulement, que les Habitans furent contraints de laisser leurs Dieux Penates à la merci de ces animaux furieux.

[79] Ager Frixiensium. Baronius in Annalibus.

[80] Circa Italiam Murium agrestium vis ex agris emersa quosdam è patrio solo pepulit.

Diod. Lib. 3.

Dicuntur cives quondam migrare coacti

Muribus infestos deseruisse lares.

Rutilius Rufus.

Selon Bochart (opere de sacris animalibus) Diodore & Rutilius parlent de Cosa, à present Orbitello.

[81]Dans l’Isle de Gyara, l’une des Cyclades, ils ont fait encore une expedition bien plus memorable : Pline, d’après Strabon, & tous les Naturalistes d’après Pline, en parlent comme du plus terrible de tous les prodiges. Les Rats ayant formé le dessein de chasser les Insulaires, ravagerent leurs terres, couperent les moissons, les legumes, mangerent les magasins ; en un mot, affamerent l’Isle, ensuite ils attaquerent les hommes & les animaux jusques dans les Villes. Ils étoient en si grande quantité, que les Habitans, quand ils n’auroient rien eû à craindre pour leur vie, ne pouvoient esperer de tuer même sans résistance tant de millions de Rats, qui sembloient sortir de terre. Il leur falut donc obéir à la necessité, & prendre le seul parti qui restoit ; c’est-à-dire, d’abandonner ce qu’ils ne pouvoient pas conserver.

[81] Pline après Theophraste. Voyez Gesnerus de Quadrupedibus p. 809.