Un jour, Yagisan partit pour la ville; elle allait aux provisions. Avant de partir, elle dit aux chevreaux:

– Mes enfants, il faut être bien sages pendant mon absence. Vous ne sortirez pas. Vous n'ouvrirez la porte à personne, absolument à personne. Je serai bientôt de retour. Je vous apporterai des bonbons.

Les chevreaux promirent d'être bien sages, de ne pas sortir et de n'ouvrir la porte à personne, absolument à personne. Et la chèvre partit un panier au bras. Les enfant fermèrent toutes les portes. Puis, pour passer le temps, ils se mirent à jouer à pigeon vole.

Yagisan marchait à grands pas vers la ville. Le loup la vit passer. Il eut l'idée de sauter sur elle et de la manger. Car le loup aime bien les chèvres. Puis, réflexion faite, il se dit:

– Au lieu de manger la maman, je vais manger les petits. Ils sont huit, et la chair est plus tendre.

Les chevreaux promirent d'être bien sages.

Il se dirige de ce pas vers la maison de la chèvre. En route, il se lèche les babines et aiguise ses dents.

– Pourvu que la porte soit ouverte! se dit-il.

Il arrive. La porte est fermée. Par une fente, il entrevoit les huit chevreaux jouant à pigeon vole. Il frappe doucement.