Le pharmacien lui donne le remède, mais le loup se garde bien de dire au pharmacien pourquoi il veut changer sa voix.

Après avoir pris la médecine, il retourne à la maison de la chèvre. La porte en est toujours fermée; les chevreaux jouent toujours. Le loup frappe doucement:

– Qui va là? demande l'aîné des petits.

– Il ne faut pas ouvrir! Maman l'a défendu, répète le plus jeune.

– C'est moi, répond le loup… moi, votre grand'mère… vous savez, votre grand'mère Nakigoesan! Ouvrez-moi. Je vous apporte des feuilles de choux!

Un chevreau plus curieux s'approche de la porte et regarde par la fente.

– Ce n'est pas notre grand'mère, s'écrie-t-il. Grand'mère a des pieds tout blancs, blancs comme la neige. Celui-ci a des pieds tout noirs, noirs comme le charbon.

– Nous n'ouvrons pas à notre grand'mère, crie alors l'aîné des petits, et tous se mettent à rire, et continuent à jouer.

Le loup a tout entendu. Il se reproche de n'avoir pas des pieds blancs comme la neige.

– Je reviendrai, dit-il.