Et vite il court chez un célèbre teinturier:

– Veuillez me teindre les pieds en blanc; rendez-les blancs comme la neige.

Le teinturier lui teint les pieds, mais le loup se garde bien de dire au teinturier pourquoi il veut avoir les pieds blancs comme la neige. Après cela, le loup retourne encore à la maison de la chèvre. La porte en est toujours fermée; les chevreaux jouent toujours. Le loup frappe doucement.

Le teinturier lui teint les pieds.

– Qui va là? demande l'aîné des petits.

– Il ne faut pas ouvrir! Maman l'a défendu, répète le plus jeune.

– C'est moi, répond le loup… moi, votre maman! Je reviens de la ville et vous apporte des bonbons.

– La maman! crient en chœur les huit petits chevreaux.

Cette fois, le doute n'est plus possible. La voix est la voix de la chèvre; les pieds sont ses pieds. C'est la mère!… La porte s'ouvre… le loup entre. Le plus jeune des chevreaux se précipite derrière un paravent. Il se tient là, tremblant de peur. Il voit ses sept frères disparaître l'un après l'autre dans la gueule formidable du loup.