– Non, maman, je veux y aller moi-même, répéta l'entêtée jeune fille.
La mère devait céder, elle céda…
Faucon et Rose mettent leurs plus chauds habits, prennent chacune un panier et sortent, sans même prévenir Chrysanthème de leur départ. Elles se dirigent vers la lisière du bois. Elles marchent longtemps. Mais il n'y avait plus de fraises. Elles voulurent rentrer et ne retrouvèrent plus leur chemin. Chrysanthème attendit jusqu'au soir leur retour. Puis, comme elles ne revenaient pas:
– Elles seront peut-être allées à la lisière du bois! se dit-elle.
Et, toute tremblante, elle sortit et alla à leur rencontre. Quelle ne fut pas sa surprise et sa douleur de les trouver toutes les deux étendues côte à côte dans la neige!… Faucon et Rose avaient perdu leur chemin et étaient mortes de froid.
Faucon et Rose étaient mortes de froid.
Les enfants sages sont toujours récompensés, les mères méchantes et les enfants gâtés sont toujours punis.
Le Moineau sans langue
Au village de Nagatani, vivaient autrefois, dans deux maisons voisines, un brave homme de vieux et une méchante vieille. Le premier s'appelait Nasakéji, la seconde Arababa. Le vieux aimait beaucoup les oiseaux. Il avait surtout pour les moineaux une préférence marquée. Un jour, il en dénicha un tout petit, le prit chez lui, l'apprivoisa, le nomma Bidori, et le soigna comme son fils. Or, écoutez ce qui arriva.