Il allait se lancer dans un développement long et compliqué pour expliquer ses intentions, mais une voix inconnue d’eux vint lui couper tous ses effets.

« Comment pouvons-nous en être sûrs ? »

Les enfants se tournèrent d’un bloc et découvrirent le père de Bob qui venait d’arriver derrière eux et qui poursuivit :

« Nous sommes toujours d’accord pour vous prêter tout ce qu’il vous faut, tant que nous savons où se trouve notre matériel. De quoi avez-vous besoin aujourd’hui ? »

Sans la moindre gêne, Hay exposa ses intentions. Il n’avait jamais songé à prendre le fil de fer sans le demander, mais il avait espéré malgré tout avoir l’occasion de faire son choix lui-même après avoir passé en revue les trésors que renfermait la salle du matériel, et surtout il tenait à choisir lui-même la personne à qui il allait exposer sa requête.

M. Kinnaird hocha la tête d’un air entendu et répondit :

« Vous serez sans doute obligés de grimper jusqu’au nouveau réservoir que l’on construit là-haut pour avoir une barre à mine ou un outil de ce genre. Pour votre grillage, j’ai l’impression que l’on doit avoir ça à notre rayon. Venez voir. »

Tous les garçons, y compris Teroa, emboîtèrent le pas à M. Kinnaird pour traverser les petites passerelles faites de plaques d’acier très glissantes. Tout en marchant Hay expliqua ce qui s’était produit à sa piscine et comment on avait fini par découvrir la raison de tous ses ennuis. M. Kinnaird avait l’habitude d’écouter les gens qui lui parlaient, mais il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil rapide vers son fils lorsqu’il fut question de la dangereuse baignade. Bob ne surprit pas le regard de son père et la conversation lui remit soudain à l’esprit le livre dont le médecin lui avait parlé. Il s’approcha aussitôt de Hay pour le lui rappeler. M. Kinnaird ne put s’empêcher de dire :

« Tiens, tiens, aurais-tu par hasard l’intention de devenir médecin ? Jusqu’à présent tu n’en prends guère le chemin.

— Non, papa, j’ai simplement besoin d’un renseignement », répondit Bob d’un ton neutre.