Les préoccupations du Chasseur revenaient plus urgentes que jamais. Et il se demandait avec inquiétude quand il pourrait entrer en communication avec Bob. Pour l’instant il ne pouvait en être question !
M. Kinnaird se retourna en souriant et montra l’une des portes de la cabane devant laquelle il venait d’arriver.
« Il y aurait peut-être quelque chose pour vous là dedans, Norman », dit-il en sortant la clef du cadenas.
Il faisait très noir à l’intérieur, mais M. Kinnaird tourna le bouton dissimulé près de l’entrée et une faible lueur jaillit d’une ampoule sale suspendue au bout de son fil. Tous les regards se portèrent immédiatement vers un des coins de la pièce où se trouvait un gros rouleau de grillage galvanisé qui semblait avoir été mis là dans l’unique dessein de répondre aux désirs de Norman. Hay se précipita dessus pendant que le père de Bob restait dans l’encadrement de la porte en s’amusant du spectacle.
« Combien t’en faut-il ?
— Oh ! un petit morceau d’une vingtaine de mètres me suffirait largement… »
M. Kinnaird prit une paire de pinces dans un tiroir et découpa le grillage, puis il tendit à Norman le morceau convoité. Ils quittèrent tous la pièce et Bob déclara à son père pendant que celui-ci refermait le cadenas :
« Je ne savais pas qu’on se servait de grillage comme celui-ci dans l’île.
— Non, c’est vrai ? J’étais pourtant persuadé qu’à force de tourner par ici tu connaissais les moindres détails de l’installation. » M. Kinnaird se dirigea alors vers le plus proche des réservoirs de charge et montra l’un des puits de sécurité construit à côté : « Tenez », dit-il, en désignant du doigt l’ouverture d’un mètre carré à peu près, que rien ne protégeait. Les garçons s’approchèrent pour regarder dans le trou. À quelques mètres de là un filet protecteur semblable au grillage que transportait Norman était scellé dans les parois du béton.
« Je n’aurais jamais cru ce grillage assez fort pour supporter le poids d’une personne qui tomberait dessus, fit remarquer Bob.