Il s'assit, secoua ses escarpins sans se pencher. Edmée s'adossa à un meuble de laque noire, et chercha les paroles qui ramèneraient Chéri au bon sens. Le satin blanc respirait sur elle au rythme de son souffle précipité, et elle croisa ses mains derrière son dos comme une martyre. Chéri la contempla avec une déférence dissimulée.
«Elle a vraiment l'air d'une femme bien, pensa-t-il. Les cheveux n'importe comment, en chemise, en peignoir de bain, elle a l'air d'une femme bien.»
Elle abaissa son regard, rencontra celui de Chéri, sourit:
—Tu me taquines, dit-elle plaintivement.
—Non, répondit Chéri. Je ne déjeunerai pas ici, voilà tout.
—Mais pourquoi?
Il se leva, marcha jusqu'au seuil ouvert de leur chambre ténébreuse, parfumée de jardin nocturne, puis revint sur elle.
—Parce que. Si tu me forces à m'expliquer, je parlerai fort, je parlerai mal. Tu pleureras, tu laisseras glisser ton saut-de-lit «dans son trouble», et... et malheureusement ça ne me fera rien du tout.
La même violence passa sur les traits de la jeune femme. Mais sa longue patience n'était pas à bout. Elle rit et haussa la ronde épaule, nue sous les cheveux.
—Tu peux toujours le dire, que ça ne te fera rien.