Phil se releva, léger, les joues froides.

—Mais ne bouge pas, voyons!

—Appuie-toi sur moi, p'tit gars...

Mais il tenait la main de Vinca, et souriait sans expression.

—C'est fini. Merci, maman. C'est fini.

—Tu ne veux pas te coucher, par hasard?

—Oh! non. J'aime mieux rester à l'air...

—Regardez-moi la tête de Vinca! Il n'est pas mort, ton Phil! Emmène-le, va. Mais restez autant que possible sur la terrasse!

Les Ombres s'éloignèrent, en peloton lent d'où s'élevaient des mains amies, des paroles d'encouragement; un regard maternel y brilla une lois encore, et Philippe resta seul avec Vinca qui ne souriait pas. D'un mouvement de bouche, d'un signe de tête rassurant, il l'invita à la gaité, mais elle répondit, par un autre signe: «Non», et ne cessa pas de contempler Philippe, sa pâleur qui verdissait un peu le hâle brun, ses yeux noirs où le soleil trempait un rayon roux, sa bouche entr'ouverte sur de petites dents épaisses... «Que tu es beau... Que je suis triste!» disaient les yeux bleus de Vinca... Mais il n'y lisait pas de pitié, et elle lui laissait tenir sa dure main de pêcheuse et de joueuse de tennis comme elle lui eût tendu la poignée d'une canne:

—Viens, pria tout bas Philippe. Je vais t'expliquer... Ce n'est rien. Mais allons dans un endroit tranquille.