—Qu’est-ce que c’est que ça?

—Ça? c’est une chanson.

—Où l’as-tu apprise?

Elle cherche, un doigt sur la tempe et se rappelle tout à coup que son premier amant, l’interne des hôpitaux, chantait cette paysannerie sur un pas d’obscène fantasia. Le souvenir l’amuse, et elle éclate de rire:

—Je ne sais pas. Quand j’étais petite... Peut-être dans la cuisine, avec Célénie?

—Ça m’étonne, dit Antoine avec plus de sérieux que n’en comporte l’incident. Je l’ai connue autant que toi, Célénie...

Minne lève une main insouciante:

—Possible... Tu sais qu’il va être deux heures, et que c’est terrible pour avoir une voiture, le dimanche?

Dans le fiacre, Antoine ne parle guère, froncé d’un malaise qu’il n’explique pas, et Minne s’avise de le réconforter, de le conseiller:

—Mon pauvre garçon, si tu as besoin de deux jours pour te remettre, chaque fois qu’on blaguera ton... chose... barbytos... qu’est-ce que tu feras dans la vie? Il faut bien que quelque chose cloche, va! et si tu n’as jamais d’autres catastrophes dans ton existence!...