—À quelle heure, demain, Antoine?
—À quelle heure quoi?
—L’oncle Paul, voyons!
—Je ne sais pas, moi. À deux heures. Ou à trois heures. On a toute la journée.
—Tu me combles! Bonsoir, je vais me coucher, je ne tiens plus debout.
Elle s’étire, bâille éperdument, s’ennuie soudain, son ardeur rageuse tout à coup tombée, et vient offrir un coin de joue, de chignon et d’oreille au baiser de son mari.
—Tu vas te coucher, ma poupée?... Dis donc, je...
—Quoi?
—J’y vais aussi.
Elle le regarde félinement de côté... Il n’y a pas de doute: Antoine la suivra dans sa chambre, dans son lit... Elle hésite: «Suis-je malade? Faut-il faire une scène et bouder? ou m’endormir?... Ce sera difficile...»