—Vous exagérez le... l’insouciance que vous avez de moi! Il me faut une explication.
—Non.
—Si! tout de suite! Vous ne voulez plus de moi? Vous ne voulez plus m’appartenir? Vous... ne m’aimez plus?
Elle a lâché les plis de sa robe, reste droite devant lui, les poings fermés au bout de ses bras pendants. Il revoit le terrible et tentateur regard, de bas en haut, qui le défie.
—Répondez! crie-t-il tout bas.
—Je ne vous aime pas. J’ai horreur de vous, de votre souvenir, de votre corps... J’ai horreur de vous!
—Pourquoi?
Elle écarte les bras, les laisse retomber dans un geste d’ignorance:
—Je ne sais pas. Je vous assure, je ne sais pas pourquoi. Il y a quelque chose en vous qui me met en colère. La forme de votre figure, le son de votre voix, c’est comme... c’est pire que des insultes. Je voudrais savoir pourquoi, parce qu’en somme, c’est étrange, quand on y pense...
Elle parle avec modération, cherchant des mots qui atténuent son aversion sauvage et sans mesure, pour l’humaniser, la rendre compréhensible...