Silence soucieux.

—Enfin, soupire le patron, voyons le dessous... Allez-y, W..., prenez votre scène au moment où vous lui arrachez sa robe...

Le bronchité, le pneumonique se transforme, d’un geste de son visage, en brute montagnarde, et se rue, poignard levé, sur Mme Loquette, l’affamée Loquette devenue brusquement une petite femelle traquée, haletante, les griffes prêtes... Ils luttent un court instant, la robe se déchire du col aux chevilles, Mme Loquette apparaît demi-nue, le cou renversé offert au couteau...

—Hep!... arrêtez-vous, mes enfants! l’effet est excellent! Pourtant, attendez...

Les hommes se rapprochent de la principale interprète. Silence studieux. Elle laisse, plus indifférente qu’une pouliche à vendre, errer leurs regards sur ses épaules découvertes, sur la jambe visible hors de la tunique fendue...

Le patron cherche, clappe des lèvres, ronchonne:

—Evidemment, évidemment... Ce n’est pas... Ce n’est pas assez... pas assez nu, là!

La pouliche indifférente tressaille comme piquée par un taon.

—Pas assez nu! qu’est-ce qu’il vous faut?

—Eh! il me faut... je ne sais pas, moi. L’effet est bon, mais pas assez éclatant, pas assez nu, je maintiens le mot! Tenez, cette mousseline sur la gorge... C’est déplacé, c’est ridicule, c’est engonçant... Il me faudrait...