Nous n’avons pas tué, Mathieu,
Pour ce soir, ma brune,
Laissons vivre encore ce
Rival de la lune...

Le cadet, autour de lui, dansait, radieux comme un Lorenzaccio à son premier crime. Il s’interrompit et me promit, avec gentillesse:

—On le tuera la prochaine fois.

Ma demi-sœur, l’aînée de nous tous,—l’étrangère, l’agréable laide aux yeux thibétains—se fiança, à la veille de coiffer Sainte Catherine. Si ma mère n’osa empêcher ce mauvais mariage, elle ne tut pas ce qu’elle en pensait. De la rue de la Roche à la Gerbaude, de Bel-Air au Grand-Jeu, on ne parla que du mariage de ma sœur.

—Juliette se marie? demandait-on à ma mère. C’est un événement!

—Un accident, rectifiait “Sido”.

Certains risquaient, aigrement:

—Enfin, Juliette se marie! C’est inattendu! C’est un peu inespéré!

—Non, repartait “Sido” belliqueuse, c’est désespéré. Qui peut retenir une fille de vingt-cinq ans?

—Et qui épouse-t-elle?