—Oui, dit-elle. Ça fait juste trois semaines aujourd’hui.
La voix est si douce, si froide, que je me rassure:
—Ah! Vous... vous avez eu du chagrin?
—Non, dit-elle avec la même douceur. Je n’en ai pas eu, j’en ai.
Ses yeux deviennent tout à coup grands, grands, interrogent les miens avec une âpreté soudaine:
—Oui, j’en ai. Oh! j’en ai... Dites, est-ce que ça va durer comme ça? Est-ce que je vais souffrir longtemps? Vous ne connaîtriez pas un moyen... Je ne peux pas m’habituer... Que faire?
La pauvre enfant!... Elle s’étonne de souffrir, elle qui ne s’en croyait pas capable...
—Votre mari, Valentine... il n’a rien su?
—Non, dit-elle impatiemment, il n’a rien su. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Qu’est-ce que je pourrais faire? Vous n’avez pas une idée, vous? Depuis quinze jours je suis à me demander ce qu’il faut faire...
—Vous l’aimez encore?