—Voilà! Regardez à votre aise! Comparez l'original et l'imprimé... Vous verrez beaucoup de mots en moins. Pas un mot en plus... Vous sentez bien que je ne me serais pas donné le mal d'inventer un original défectueux pour le blanchir.

Pendant ce temps, Lacroix feuilletait à la diable, tapant du bout des doigts sur les feuillets. Puis, il ferma brusquement le manuscrit, et, me regardant nez à nez:

—Quand vous voudrez, dit-il, je connais une copiste qui vous en fera autant...

Jamais, je ne vins à bout de lui faire comprendre que je me mépriserais moi-même, si j'avais inventé.

Au contraire, l'invention était un ragoût nécessaire pour lui comme pour bien d'autres (on en pourrait nommer d'illustres) aux yeux desquels l'historien présentant la vérité toute nue semblait un indigent trop pauvre pour offrir une toilette.

D'excellentes communications m'ont été faites. Leur mérite, leur étendue, pour ne citer que celle de M. le marquis de Boisgelin, dépassaient malheureusement l'exiguité du cadre imposé. Avec une rectification essentielle de M. R. Alexandre, parvenue indirectement, le fraternel concours de MM. L. Blancard, Chapoutot, A. Chuquet, Couet, P. Cottin, J. Favier, Hennet, Monval, E. Mulle, Taphanel, a paré du moins à l'impossibilité d'aller me renseigner sur place. Je ne saurais trop leur témoigner de gratitude.

Menton, 18 avril 1901.

L. L.

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